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Enseignement supérieur et recherche

Impact du nouveau management public (NMP) dans l’enseignement supérieur et la recherche

mardi 06 novembre 2018

Par Hervé Christofol, secrétaire général du SNESUP-FSU

Nous avons des métiers formidables, qui ont du sens et une réelle utilité, que ce soit pour nos étudiants, comme pour relever les enjeux démocratiques, scientifiques, culturels, sanitaires et environnementaux de notre société. Mais nous sommes trop souvent empêchés de les exercer. Nos conditions de travail peuvent être un obstacle au bon accomplissement de nos missions. Bien entendu, les situations diffèrent très fortement d’un établissement à l’autre et même d’une UFR ou d’un département à l’autre. Cependant les métiers des universitaires n’ont plus rien à voir avec ceux de nos collègues d’il y a à peine 20 ans.

Les lois successives sur l’enseignement supérieur depuis le processus de Bologne s’inscrivent dans un processus de déréglementation du monde universitaire lourd de conséquences pour les conditions de travail des enseignants et enseignants-chercheurs (EC). Notre administration a décidé de substituer les idéologies du nouveau management public (NMP : management autocratique, évaluations quantifiées, mérite ou excellence, recrutement sur contrat, marchandisation, autonomie et concurrence) aux valeurs de l’université défendues par la FSU, garantes des libertés académiques et de la qualité de l’enseignement et de la recherche (collégialité et démocratie universitaire, évaluation par les pairs, qualification par le CNU, statut de fonctionnaire d’état, unité et partage de la connaissance, coopération et égalité de traitement, missions de service public pour toutes et tous sur tout le territoire).

La logique de financement de la recherche sur appel à projet au détriment des crédits récurrents, l’évaluation permanente, la culture du résultat et de la performance sont autant d’éléments qui ont altéré la manière d’exercer nos missions. Bien plus, la « révolution numérique » qui aurait pu être un facilitateur de nos métiers est désormais vécue comme une tyrannie : invasion de nos enseignements par des pseudo-innovations numériques, avalanche de courriels professionnels, y compris en dehors du temps de travail... L’industrialisation des formations pour répondre à un enseignement de masse contribue à la prolétarisation des enseignants et enseignants-chercheurs : contenu des enseignements et modalités de contrôle de connaissance imposés, parcellarisation des enseignements en blocs de compétences.

Alors que nous avons vocation à être des professionnels, acteurs à part entière dans la gestion de nos établissements, pourrions-nous en devenir les ouvriers spécialisés, de simples exécutants ?

Rien n’est définitif cependant, ce qu’une loi a imposé, une autre peut s’y opposer pour développer une fonction publique de l’enseignement supérieur et de la recherche alignée avec nos valeurs, respectueuse des conditions de travail des personnels, adaptée aux enjeux de notre siècle et au défi de la démocratisation de l’enseignement supérieur. Nous avons également des capacités de résistance et de normalisation au sein de chacune de nos missions. Utilisons-les collectivement. La défense des intérêts des personnels et de leurs conditions de travail nécessite un engagement de la communauté dans ses syndicats et auprès de ses élus dans les conseils.

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