F.S.U.

Education nationale

Salaires et carrières, urgence !

mardi 15 mai 2018

« Â Nous améliorerons le pouvoir d’achat de tous les travailleurs. Sans que cela ne revienne plus cher aux employeurs, nous réduirons les cotisations payés par les salariés, par les indépendants et par les fonctionnaires : près de 500 € supplémentaires nets par an pour un salaire de 2 200 € nets par mois ! »
Programme d’E. MACRON à l’élection présidentielle 2017

Hausse de la retenue pour la pension civile, absence de revalorisation de la valeur du point d’indice, premières retenues pour jour de carence pour les personnels concernés. Loin d’une augmentation du pouvoir d’achat, c’est une nouvelle dégradation de celui-ci qui a été constaté sur la paye de janvier 2018.

Un pouvoir d’achat du point d’indice en berne
L’unique revalorisation de la valeur du point d’indice en 2016 n’a pas compensé les augmentations constantes de la retenue pour pension civile et de l’inflation depuis 2010. Cumulée, la diminuation du pouvoir d’achat du point d’indice net s’élève à - 9,1% depuis cette date. Ainsi, seules les promotions permettent de limiter la perte de pouvoir d’achat. C’est une négation du principe statutaire de carrière qui garantit une augmentation de salaire au fur et à mesure que progresse l’expérience.

Hausse de la CSG mal compensée
L’augmentation de la CSG au 1er janvier 2018 de 1,7 point est compensée par la suppression de la CES (contribution exceptionnelle de solidarité) et la création d’une indemnité. Cependant, le calcul, complexe, de celle-ci aboutira à une compensation qui ne peut être que partielle. En effet, cette indemnité forfaitaire annuelle, calculée sur la base de la rémunération 2017, n’est pas ajustée mois par mois pour tenir compte des éventuelles variations de paye, par exemple lors d’un avancement d’échelon. De plus, cette compensation ne va pas durer dans le temps. En effet, l’indemnité compensatrice sera indexée sur la paye jusqu’en 2020. C’est une baisse mécanique du pouvoir d’achat, année par année, qui se profile donc après cette date. Pour les personnels en congé de formation, au prétexte que durant cette période les collègues ne peuvent toucher aucune autre indemnité, l’administration a décidé purement et simplement de ne plus payer l’indemnité compensatrice et de faire des retraits des « Â trop-perçus »Â !

PPCR, une revalorisation enrayée
Les principales dispositions du cycle de discussion PPCR (Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations), engagé sous le précédent quinquennat, ont été mises en application à travers une série de décrets. Pour la FSU, ce protocole constituait un premier pas dans l’amélioration des carrièreset la reconnaissance des qualifications et de l’investissement des personnels. Le report d’un an de sa mise en œuvre décidé par le gouvernement actuel est un coup de canif dans la parole de l’État. Un tel report contribue à dégrader de nouveau le pouvoir d’achat des personnels.

Le rétablissement d’une journée de carence : les malades pénalisés
Instauré en 2012 sous Nicolas Sarkozy et supprimée en 2014 par François Hollande, le jour de carence a été réinstauré dans la Fonction publique par le gouvernement dans " une logique d’équité " entre salariés du privé et du public. Son reÌ tablissement repreÌ sente une double peine : en plus de constituer une nouvelle amputation du pouvoir d’achat, il punit les personnels, consideÌ rant qu’ils sont coupables d’eÌ‚tre malades.

Égalité professionnelle femmes/hommes
La Fonction publique n’est pas épargnée de l’inégalité professionnelle entre les femmes et les hommes : le salaire net mensuel des femmes est inférieur de 13,3 % à celui des hommes, à compétence et fonction égales. Le gouvernement a décidé de faire de l’égalité professionnelle une « Â grande cause nationale ». Or les décisions et projets en cours dans la Fonction publique vont avoir un impact négatif. Pour la FSU, il est urgent de passer d’une obligation de moyens à une obligation de résultat et de procéder à un rattrapage salarial effectif. De plus, il faut en finir avec les promotions de grade qui sont autant de cribles accentuant les différences de parcours de carrière entre les femmes et les hommes. La FSU revendique un déroulement de carrière sans barrage de grade.

Pour un rendez-vous salarial dans la Fonction publique qui ne soit pas à minima !
Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, avait refusé toute négociation salariale au titre de l’année 2018 mais l’action initiée par la FSU a abouti à l’annonce d’un rendez-vous salarial en juin prochain. Cette annonce n’augure rien des mesures que le gouvernement mettra sur la table, la politique menée depuis près d’un an n’étant qu’accumulation de mesures d’austérité.

Les salaires des personnels de la Fonction publique ne sont pas une charge qu’on peut impunément raboter. Comme tous les salariés, ils produisent des richesses et ont droit à une juste rémunération en retour. La FSU exige une veÌ ritable neÌ gociation salariale qui aboutisse aÌ€ une reÌ elle reconnaissance du travail et des missions des personnels par une augmentation du pouvoir d’achat et une revalorisation des carrieÌ€res.

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