portraits, interviews

Marie-Aleth Grard, vice-présidente d’Agir Tous pour la Dignité Quart-Monde (ATD Quart-Monde)

mercredi 29 mars 2017

La FSU a invité, dans le cadre de ses instances nationales, Marie-Aleth Grard, vice-présidente d’Agir Tous pour la Dignité Quart-Monde (ATD Quart-Monde), pour débattre des liens entre la grande pauvreté et les inégalités scolaires.

Le travail engagé pour produire un avis intitulé « Une école de la réussite pour tous »
voté par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dont elle est membre a servi de point de départ à la discussion.

Marie-Aleth Grard a rappelé que son ONG mène depuis 60 ans cette année un combat politique pour changer la société et éradiquer la misère, alors qu’en France, 6e puissance mondiale, près de 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, dont 3 millions d’enfants.

La participation directe des plus pauvres à ce combat est une condition sine qua non,
illustrée par la composition du groupe « croisement des savoirs » à l’origine de l’avis
du CESE : 5 chercheurs, 5 enseignants, 5 parents solidaires, 5 acteurs des quartiers et 10 parents ayant l’expérience de la grande pauvreté.
Selon Marie-Aleth Grard, ce groupe de travail est un exemple de démarche de « co formation » qui permet de remettre en question les pratiques institutionnelles : « les enfants issus de milieu défavorisé sont massivement orientés dès le plus jeune âge vers les filières du handicap ou les filières spécialisées.

Il ne s’agit pas de montrer du doigt tel ou tel professionnel mais de nous interroger
collectivement : comment en sommes-nous arrivés à avoir plus de 80 % d’enfants issus de milieux défavorisés dans les classes spécialisées ? »

Le débat qui a suivi son intervention a donné l’occasion d’aborder de nombreuses problématiques comme le rôle des enseignants au côté des parents pour lutter contre une école ségrégative mais aussi la remise en question des politiques publiques de solidarité (pénurie de logement social, abandon de certains territoires comme la Guyane) et, en parallèle, le renforcement du contrôle social, mais aussi la stigmatisation des pauvres ou leur renoncement aux droits lié aux difficultés d’accès aux minima sociaux et enfin la reconnaissance du rôle et des missions des travailleurs sociaux.