Nous nous retrouvons 4 jours après un CSA mémorable. Sans refaire le marathon de lundi, la FSU tient à revenir sur le caractère lunaire de nos échanges : pour résumer, les services du ministère ont fait le choix de constituer une deuxième réserve, préemptant des moyens d’enseignement pourtant dédiés aux écoles et aux établissements, afin de faire face aux incertitudes d’une réforme menée dans la plus grande précipitation, celle des concours et de la formation. Ce choix a été très péniblement expliqué, comme si l’administration avait saupoudré des chiffres au hasard. Une question reste en suspens : que se serait-il passé si nous n’avions pas fait la lumière sur cette mise en réserve indue ? Rien, Des emplois et des moyens d’enseignement auraient été ainsi retirés aux écoles, collèges et lycées, comme si l’éducation nationale pouvait encore plus se priver.

La FSU salue l’arbitrage pris par le ministre après nos nombreuses interventions depuis lundi : la réinjection des moyens mis en réserve de manière complètement inattendue était indispensable à plus d’un titre. Elle va permettre de reposer les discussions sur la préparation de la rentrée dans le cadre prévu. Elle va donner un peu d’air à une répartition qui reste corsetée par la suppression de 4032 emplois de professeur·es dans le 1er et le 2d degré, qui va encore mettre un peu plus à mal le service public d’éducation

Comme une preuve de plus du caractère périlleux de cette préparation de rentrée, nous n’avons toujours aucune information sur la répartition des 300 emplois de professeur·es en ULIS dans le 1er comme dans le 2d degré, créés dans le PLF de novembre et subitement, enfin plutôt opportunément, sortis du chapeau, en janvier, pour couvrir les déclarations confuses de Sébastien Lecornu sur la création d’emplois pour accompagner les élèves en situation de handicap. Cette répartition doit être transmise aux organisations syndicales dans le cadre des préparations de rentrée.

Il y a encore quelques années les moyens stagiaires nous étaient transmis par académie, avec les contraintes de la nouvelle réforme et une anticipation sur 2 ans, il est grand temps que le ministère établisse un plan pluriannuel de recrutements et anticipe ses prévisions.

Il est indispensable de tirer les leçons de cette séquence. Nos échanges dans cette instance relèvent de la démocratie sociale. A ce titre, ils doivent être faits sur la base de documents complets, sincères et exploitables qui donnent aux élu·es que nous sommes les clés d’un débat éclairé. Dans un contexte de profonde crise démocratique, les cafouillages de ces derniers jours ne peuvent que renforcer les doutes qui s’expriment ici ou là sur l’action publique, et renforcer le manque de confiance existant ce qui n’est pas bon pour la démocratie.
Et parce qu’une démocratie est solide grâce à la solidarité dont les services publics sont un des vecteurs, la FSU appelle à la mobilisation pour d’autres conditions de rentrée, avec les créations d’emplois nécessaires au bon fonctionnement du service public, notamment pour diminuer le nombre d’élèves par classe. Élément déterminant pour la réussite des élèves mais aussi pour les conditions de travail des enseignant·es, des personnels qui se sont fortement dégradées ces dernières années. La réforme de la formation initiale des enseignant·es et CPE, que vous mettez en place et dont plusieurs textes sont soumis au débat à ce CSA MEN, ne régleront pas la crise d’attractivité tant que les rémunérations et les conditions de travail ne seront pas améliorées. Aucune mesure de carrière ou de revalorisation n’est pourtant envisagée à l’agenda social examiné lui aussi à ce CSA MEN, alors que l’ensemble des personnels le signale comme un frein au métier. Ainsi l’éducation nationale est obligée de verser des indemnités différentielles parce que le SMIC est revalorisé, mais pas les fonctionnaires.

Tous les signaux affichés aujourd’hui sont au rouge. Il suffit de voir les mobilisations dans les DROM. La FSU soutient les mobilisations, notamment le 3 février, pour l’abrogation des mesures injustes contre les personnels malades.

La FSU attend des mesures fortes pour répondre aux difficultés grandissantes dans les services et les établissements scolaires, pour répondre aux besoins de la jeunesse et des personnels. Il est temps d’arrêter de se cacher derrière des choix budgétaires qui ne sont autres que des choix politiques. La jeunesse a besoin de mieux d’école avec des personnels en nombre suffisant formés et revalorisés. La proposition de loi visant à interdire le portable au lycée et l’accès aux réseaux sociaux au moins de 15 ans passe à côté des principaux enjeux de ce sujet, à commencer par les enjeux éducatifs.

Question diverse :

La FSU a déjà interpellé le ministre et souhaite revenir sur la question du fonctionnement du Groupe National des Personnels de Direction.
Le rapport de l’Inspection générale de septembre 2024 souligne que le GNPD, « en parallèle des instances statutaires, a institué́ un dialogue social spécifique, d’abord conjoncturel et informel et qui s’est peu à peu institutionnalisé dans le temps jusqu’à prendre une dimension nationale, sans être jamais formalisé dans les textes. »

Cette organisation n’est pas sans conséquence puisque ne participe pas à ce groupe l’ensemble des organisations syndicales représentatives des personnels de direction au sens des textes législatifs et réglementaires, dont la loi du 6 août 2019.

De nombreux textes réglementaires touchant les personnels de direction y sont préparés hors des GT du CSA MEN. Un certain nombre d’organisations siégeant en CSA MEN sont de fait exclus du dialogue social lié à la préparation des textes qui y seront présentés.

La FSU demande l’inclusion de l’ensemble des organisations syndicales réglementairement considérées représentatives pour le corps des personnels de direction au sein du GNPD et des organisations qui en sont déclinées.