Ce CSA ministériel est programmé dans l’entre-deux tours des élections municipales, après une campagne électorale marquée par la multiplication des menaces et agressions visant certain·es candidat·es. Ces tensions, qui portent atteinte à la démocratie, interviennent au moment où l’extrême-droite est sortie renforcée d’un emballement médiatique et le camp progressiste mis au ban, dans une inversion des valeurs préoccupante. Mais les impostures de l’extrême-droite et son projet dangereux, contraire aux valeurs émancipatrices et égalitaires que porte l’École publique, qui fracture la société, ne peuvent être dissimulées bien longtemps. La FSU est déterminée à combattre les idées de l’extrême droite dans l’unité la plus large.

Une nouvelle fois l’abstention est un des faits marquants de ce scrutin. Cela dit beaucoup de l’ampleur de la crise démocratique. La FSU a déjà alerté à plusieurs reprises ; l’abstention assumée, y compris dans les rangs des personnels que nous représentons, habituellement peu abstentionnistes, est un signal fort de la crise démocratique qui traverse le pays et pourrait nous conduire au pire dans un an. La réponse politique, sur le fond, en confortant notre modèle social plutôt qu’en le détricotant, et sur la forme, faire vivre la démocratie sociale, est urgente.

Le contexte international est également préoccupant. Le droit international est bafoué par des Etats qui décident unilatéralement d’interventions militaires et remettent en cause le principe de souveraineté des Etats. La FSU condamne ces agressions et l’escalade militaire engagées par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran et le Liban. Elle réaffirme son attachement au droit international et à la paix.

A l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, les mobilisations qui ont rassemblé des milliers de personnes ont été un succès. La FSU s’en félicite. Cette mobilisation qui s’inscrit dans un contexte particulièrement préoccupant, marqué par des dynamiques réactionnaires qui remettent en cause les droits et les libertés fondamentales des femmes, montre que l’exigence d’égalité entre les femmes et les hommes reste très forte. Dans ce contexte, la FSU demande l’abandon des projets du gouvernement qui visent à durcir les conditions d’octroi du temps partiel thérapeutique, restreindre les autorisations spéciales d’absence liées à la parentalité. Elle continue de combattre la diminution de 10% de la rémunération des agent·es placé·es en congé de maladie ordinaire qui touche aussi les femmes enceintes, en dépit de l’ajout d’une semaine au congé pour grossesse pathologique.

Un point sera fait au cours de cette instance sur l’état d’avancement des actions inscrites sur le Plan national d’action pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Là aussi, il est grand temps de passer à la vitesse supérieure. Dans un ministère qui emploie 74% de femmes, l’égalité professionnelle, tout comme la santé des femmes au travail, doivent être au cœur des priorités. Or les avancées nécessaires se heurtent encore aux contraintes budgétaires, c’est inacceptable.

L’austérité budgétaire, en plus de ses effets sur les moyens alloués au service public et les rémunérations des agent·es publics, atteint désormais leurs droits. La FSU dénonce cette trajectoire dont pâtiront à la fois les personnels et les usager·es. Le Service public d’Éducation doit retrouver la place qu’il mérite et les professionnel·les de l’éducation ont un besoin urgent d’être soutenu·es et reconnu·es. Cette place et ce soutien doivent se concrétiser par l’octroi de moyens pour faire fonctionner l’École. Nous en parlons à chaque instance et nous le redisons aujourd’hui : la baisse démographique est une opportunité pour faire mieux École et pour cela, aucun poste ne doit être supprimé.

Insuffisance budgétaire, moyens et incertitudes liées à la réforme de la formation initiale des enseignant·es et CPE, sur laquelle nous reviendrons lors d’un prochain CSAM, la rentrée scolaire 2026 se préparent avec une baisse conséquente des moyens pour les écoles et établissements.

Dans le premier degré, les cartes scolaires vont débuter dès la semaine prochaine et, nous le savons, elles vont s’accompagner de l’annonce de milliers de fermetures de classes, avec la contrainte mise sur la création des PAS, en l’absence de moyens spécifiques. Le dialogue social va être extrêmement tendu et le niveau de conflictualité est déjà important. La FSU refuse davantage de dégradations des conditions de travail et d’apprentissage dans le primaire. Elle alerte déjà sur les difficultés liées au remplacement ou à l’école inclusive, que vont amplifier de nouvelles coupes budgétaires. Elle demande le rétablissement des spécialisations des remplaçant·es, l’arrêt de la départementalisation de leur gestion, ainsi que le maintien du volume de décharge actuel pour les directeurs et directrices dont l’école est frappée par une fermeture de classe.

Dans le second degré, les suppressions d’emplois produisent les effets annoncés et redoutés. Suppressions de divisions qui entrainent une augmentation des effectifs dans les classes, suppression de postes, réduction de l’offre de formation, complément de service, chantage aux moyens pour maintenir des groupes de niveau…tout montre que le second degré paye, encore, un lourd tribut aux choix budgétaires et politiques faits par le ministre et le gouvernement. Depuis des semaines, les actions se multiplient, souvent à l’initiative de la FSU et en intersyndicale : grève académique ou locale, rassemblements, action avec les parents d’élèves, opérations collèges morts, vote contre les répartitions de moyens dans les CSA et les CA….D’autres sont prévues. Tout montre donc la détermination à dénoncer des choix qui vont, à rebours, de la nécessaire amélioration des conditions de travail des personnels et d’étude des élèves. Il a fallu près de trois mois pour la publication du décret et de l’arrêté actant la fin des groupes obligatoires : la préparation de rentrée s’est donc faite sans textes règlementaires à jour. Une bien mauvaise habitude de ce ministère depuis 3 ans. Est-ce pour tenter de battre ce record que nous n’avons toujours aucune nouvelle de l’avenir des prépa 2de ?

Enfin, près de deux mois après un CSA ministériel pour le moins rocambolesque, nous exigeons de connaître la répartition des emplois PsyEN, AS et infirmières. Avez-vous envisagé que nous en disposions avant la rentrée 2026 ?

Si nous avons acté positivement le rétablissement des examens de bac pro à la mi-juin en 2027, nous dénonçons le maintien du parcours personnalisé même réduit à deux semaines. C’est encore un bricolage pour tenter de sauver les apparences.

Ce maintien alors que le Comité de suivi de la voie pro en demandait l’abandon fait écho au retour de la double tutelle Travail / Éducation nationale sur les lycées pros avec la nomination d’une ministre déléguée chargée de l’enseignement et de la formation professionnels et de l’apprentissage. La vision purement utilitariste de l’école et le renoncement éducatif sont confirmés. En amalgamant l’enseignement professionnel, dont la mission est la formation et l’élévation du niveau de qualification des jeunes, et l’apprentissage, outil de gestion du marché de l’emploi, le gouvernement affiche clairement son mépris pour le statut scolaire.

La FSU dénonce cet amalgame et la double tutelle. La précédente avait débouché sur une réforme de l’enseignement professionnel sous statut scolaire pour le rapprocher de l’apprentissage. Cette réforme est un échec avéré.  Cela suffit : quand le scénario est mauvais, il faut savoir arrêter une mauvaise série !

Les réformes et évolutions récentes touchant notre ministère augmentent les charges qui pèsent sur les personnels hors enseignants.

Pour les personnels administratifs et ITRF notamment, les missions des examens et concours – par la réforme de la formation initiale des enseignant·es – et de gestion des personnels – par la mise en œuvre de la PSC – sont d’ores et déjà alourdies par des tâches nouvelles non compensées par les quelques 80 créations d’emplois dont la ventilation interacadémique ne nous a pas été communiquée.

Dans les établissements scolaires, les conditions de travail de bon nombre de nos collègues subissent trop souvent encore les dysfonctionnements d’Op@le ; ces derniers jours, l’application fut inaccessible durant plusieurs heures et l’explication fournie n’a pas fait rire grand monde malgré son caractère surréaliste : trop grand nombre d’utilisateurs !

La FSU souhaite alerter sur la situation de la Seine-Saint-Denis, département jeune et pauvre, avec des besoins éducatifs structurellement plus élevés, et qui est à la traîne en termes d’investissements publics.  La situation y est catastrophique : manque d’enseignant·es titulaires, de PsyEN, d’AESH, de personnels médico-sociaux, absences non remplacées, manque de structures…L’audience intersyndicale de la semaine dernière a été révélatrice : des réponses sans rapport avec la situation locale, une méconnaissance des engagements des précédents ministres comme si la continuité de l’Etat n’existait pas…quel mépris ! La FSU ne pourra en rester là et soutient l’appel à préparer la mobilisation de l’intersyndicale locale. Elle exige que l’intersyndicale nationale et locale soit reçue par le ministre. Aujourd’hui la FSU exige des réponses concrètes aux problématiques soulevées depuis de longs mois par les organisations syndicales locales.

Comme nous le disions, les professionnel·les de l’éducation ont un besoin urgent d’être soutenu·es et reconnu·es. Cela passe par la nécessité de mieux les considérer et de leur permettre d’exercer leur métier dans de bonnes conditions sans avoir à subir de discrimination.

Aujourd’hui, ce CSAMEN débattra du plan national handicap et inclusion professionnelle. Il est grand temps que notre ministère, employeur de plus de 1,2 millions d’agentes et agents, progresse sur cette question. Actuellement, le taux d’emploi d’agent·es en situation de handicap est en-dessous de 5% des effectifs alors que le taux légal est de 6%. Souvent les agent·es qui se retrouvent en situation de handicap préfèrent se taire plutôt que de demander une reconnaissance et une adaptation par peur d’être victime de discrimination. Pour d’autres, l’enveloppe allouée au handicap est tellement faible au regard des besoins qu’ils et elles ne voient pas l’intérêt de se manifester. Sachant que 85% des handicaps surviennent au cours de la vie, il faut que chaque agente et agent concerné·e puisse poursuivre sa carrière professionnelle sans heurt. Pour cela non seulement les mentalités doivent évoluer mais les pratiques doivent suivre. Ce plan handicap, bien qu’arrivant avec deux ans de retard, est bienvenu. Mais il devra être suivi d’effets et ne pas être un simple affichage. Pour cela, il faudra que les moyens financiers nécessaires soient octroyés et que les procédures soient adaptées aux agents et agentes.

Concernant les AESH, la FSU demande la programmation rapide du groupe de travail prévu à l’agenda social. La précarité dans laquelle sont maintenues les AESH n’est pas acceptable et les agent·es attendent désormais des avancées concrètes dans les mois à venir. La FSU redit son opposition à ce que les discussions soient renvoyées à la Conférence nationale du handicap de juin 2026, sans les représentant·es des personnels. La FSU rappelle ses exigences portant sur la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH, d’une rémunération à temps plein sur la base de 24 heures d’accompagnement, d’une formation qualifiante reconnue et de la reconnaissance d’un métier. La maltraitance des AESH est un choix politique contre l’école inclusive.

La rentrée scolaire 2026 est encore en préparation. Nous attendons d’ores et déjà une prise en compte des sujets qui nous préoccupent et pour lesquels nous vous alertons aujourd’hui.  Pour la FSU, cela nécessite, pour la plupart d’entre eux, un rapide changement de cap. La FSU poursuit des mobilisations locales et construit aussi les conditions d’une mobilisation nationale réussie dans les prochaines semaines.