Monsieur le Ministre,

Madame la Directrice générale,

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil supérieur de l’éducation,

 

Cette réunion du CSE se tient dans un contexte de mobilisation croissante des personnels de l’Éducation nationale, confronté·es à des choix budgétaires et politiques qui dégradent toujours davantage leurs conditions de travail et les conditions d’apprentissage des élèves. Les annonces récentes du ministère, qu’il s’agisse des évolutions de la voie professionnelle ou encore des orientations en matière d’évaluation et de pilotage du système éducatif, confirment une logique que la FSU conteste : celle d’une école du tri, pilotée par des indicateurs, qui renforce les inégalités au lieu de les combattre. Dans le même temps, les réalités de terrain sont sans appel.

Dans le second degré, les préparations de rentrée traduisent concrètement les suppressions d’emplois : fermetures de divisions, hausse des effectifs par classe, réduction de l’offre de formation, multiplication des compléments de service. Le maintien de dispositifs contestés par la profession se fait sous contrainte, au prix de dégradations supplémentaires pour les élèves comme pour les personnels. La vie scolaire est particulièrement touchée, avec un manque criant de moyens qui pèse directement sur le climat scolaire.

Dans le premier degré, les opérations de carte scolaire qui s’engagent vont conduire à de nombreuses fermetures de classes. La FSU le réaffirme : la baisse démographique devrait permettre d’améliorer les conditions d’enseignement en réduisant les effectifs, et non servir de justification à des économies budgétaires. Les difficultés déjà majeures en matière de remplacement et de prise en charge des élèves à besoins particuliers, ne peuvent qu’être aggravées.

Ces choix s’inscrivent dans un cadre budgétaire que la FSU dénonce. Le budget 2026 acte une nouvelle dégradation des moyens, sans répondre aux besoins du service public d’éducation. La logique à l’œuvre est celle d’un pilotage à court terme, où la variable démographique sert d’ajustement, au détriment d’une ambition éducative pour tous les élèves. À cela s’ajoute l’absence de mesures salariales à la hauteur.

Dans un contexte d’inflation et de crise d’attractivité, le déclassement des personnels se poursuit. Les mesures mises en avant ces dernières années ne répondent ni aux attentes ni aux besoins. La FSU continue d’exiger une revalorisation salariale sans contrepartie pour l’ensemble des personnels.

La FSU souhaite également alerter sur les enjeux d’orientation et de formation. Première organisation syndicale dans l’éducation et la formation, elle représente des dizaines de milliers de personnels qui conçoivent et mettent en œuvre ces politiques au quotidien. Les exclure de la définition des stratégies nationales n’est pas acceptable. Cette exclusion traduit une vision réductrice de l’orientation et de la formation, centrée sur l’employabilité immédiate, au détriment de la formation initiale, de l’émancipation et de l’égalité d’accès aux qualifications. Elle participe d’un pilotage technocratique, éloigné des réalités éducatives. C’est pourquoi la FSU demande une révision de la composition du Conseil national de l’orientation et de la formation professionnelles pour le développement des compétences afin d’y siéger.

Dans le même esprit, la FSU demande qu’un bilan précis du fonctionnement des commissions professionnelles consultatives (CPC), réformées par la loi de 2018, soit présenté. Ces instances jouent un rôle essentiel dans la définition des diplômes, et leur fonctionnement doit être évalué de manière transparente. La FSU réaffirme la nécessité de redonner toute leur place aux usagers·ères de la formation dans les processus de concertation et de décision. Leur représentation, doit être assurée, notamment pour garantir une meilleure prise en compte des réalités vécues sur le terrain. C’est pour cela que la FSU demande toujours sa réintégration dans les commissions professionnelles consultatives (CPC).

Face à cette situation, les mobilisations se multiplient sur l’ensemble du territoire : grèves locales, rassemblements, actions avec les parents d’élèves, refus des répartitions de moyens. Elles traduisent une exaspération profonde et une exigence de changement. La FSU appelle à amplifier ces mobilisations dans le cadre de l’intersyndicale de l’Education par une semaine d’actions du 30 mars au 3 avril, et en particulier par une journée de grève le 31 mars.  Les personnels exigent l’abandon des suppressions d’emplois, des créations de postes à la hauteur des besoins, et un autre budget pour l’Éducation nationale.

Monsieur le Ministre, il est urgent d’entendre ce qui s’exprime dans les écoles et les établissements. La FSU réaffirme la nécessité d’un changement de cap : investir dans l’éducation, améliorer les conditions de travail, revaloriser les métiers et construire des politiques éducatives fondées sur la confiance dans les personnels. Il est plus que temps de renforcer les services publics de l’Education pour répondre aux enjeux sociaux, démocratiques et émancipateurs de notre temps.

Je vous remercie.