Appel à la mobilisation des acteur.trices de l’éducation

Face aux appétits de l’extrême droite, résister et renforcer l’école publique !

Nous affirmons que la jeunesse de notre pays, comme celle du monde, a le droit à un avenir de liberté, de paix et de justice, sur une planète habitable. Face aux crises écologiques, à l’instabilité diplomatique, à la montée des prédateurs, nous devons dès aujourd’hui bâtir un système éducatif capable de former les jeunes générations aux défis qui sont devant elles, de résister au désespoir et à la peur par la compréhension et l’inventivité, de revitaliser la démocratie par le développement des solidarités et la mise en oeuvre sans concession de l’égalité, notamment entre les femmes et les hommes.

A cette jeunesse inquiète, l’extrême droite propose un autre projet : l’ordre contre la liberté, le pouvoir contre les droits, la hiérarchie contre l’égalité, la propagande contre les savoirs. L’école qu’elle dessine est au service de ce projet. Une école qui limite l’accès aux savoirs, aux qualifications et aux études par la sélection précoce et la soumission aux besoins immédiats du marché du travail. Une école qui assume et naturalise les inégalités par la remise en cause des dispositifs visant à les combattre, notamment l’éducation prioritaire, et l’exclusion voulue et assumée d’une partie des élèves. Une école tournée vers le passé promouvant des pédagogies obsolètes, disqualifiant la recherche et la formation des enseignant.es, rompant avec la liberté pédagogique et les libertés académiques. Pour les enseignant.es, et l’ensemble des personnels de l’éducation, elle porte un modèle de fonction publique autoritaire et vertical, refusant aux fonctionnaires le droit à l’engagement citoyen, et remettant en question la formation universitaire. L’extrême-droite s’organise dans le monde et en France pour prendre la main sur l’éducation. Les exemples sont nombreux dans les pays où l’extrême droite est au pouvoir, à commencer par le terrible cumul des attaques de Trump contre l’école et les universités. En France, le projet Périclès financé par le milliardaire Stérin commence à porter ses fruits. Plusieurs de nos collègues et camarades sont attaqué.es par l’extrême droite, nous dénonçons ces attaques et affirmons notre soutien, aujourd’hui et à l’avenir.

Nous aussi, nous devons nous organiser et nous mobiliser. La FSU et la CGT défendent un tout autre système éducatif, tourné vers l’avenir, visant l’émancipation de la jeunesse, combattant toutes les assignations liées à l’origine sociale ou géographique. La défense de ce projet aujourd’hui et à l’avenir, est un levier central de notre combat contre l’extrême droite, qui se nourrit aussi de la fragilisation actuelle du système éducatif et de ses conséquences sur la jeunesse. Des conditions d’étude pour les élèves améliorées, permettant de prévenir la difficulté, d’accueillir dans de bonnes conditions tous les élèves, notamment ceux en situation de handicap. La baisse démographique actuelle offre une occasion inédite de le faire. Un service public d’éducation renforcé, de la maternelle à l’université, garantissant la continuité des parcours, des diplômes nationaux reconnus et des qualifications élevées pour toutes et tous, protégé de la concurrence déloyale du privé en réservant les fonds publics à l’école publique laïque. Des personnels mieux rémunéré.es, bénéficiant de carrières revalorisées, respecté.es dans leurs qualifications et leur professionnalité, dotés d’une formation professionnelle initiale et continue de haut niveau, appuyée sur la recherche universitaire.

La FSU et la CGT appellent les personnels de l’éducation et de l’enseignement supérieur, mais aussi les parents d’élèves et la population à se mobiliser à tous les niveaux pour défendre les moyens d’un service public d’éducation émancipateur et ambitieux, pour contribuer à des dynamiques visant à le renforcer et le développer, et à créer les occasions de débattre avec les personnels sur les lieux de travail pour déconstruire l’imposture sociale et scolaire de l’extrême droite, montrer les méfaits et les dangers de son projet et convaincre largement qu’il est possible et nécessaire de la faire refluer et de redonner de l’espoir à la jeunesse.