Alors que l’INSEE en mai 2026 dans sa publication sur les salaires dans la Fonction publique de l’État faisait état d’une augmentation du salaire net moyen en 2024 de 2,6 % en euros constants par rapport à 2023 en n’oubliant pas que cela faisait suite à deux années de baisse (-0,4 % en 2023, -2,2 % en 2022) dans un contexte d’inflation forte, le ministère de l’Education nationale choisit dans sa note d’information du 20 août 2026, une approche particulièrement déconnectée de la situation vécue par les personnels.

Le premier échelon de la grille indiciaire d’un.e professeur·e certifié·e représentait en 1980 plus de deux SMIC, il représente 1,04 SMIC à la rentrée 2026 tout comme celui d’un.e professeur.e des écoles.

Si l’étude concerne bien la période d’une année entre 2023 et 2024, le désormais ministre Geffray doit pourtant savoir qu’en 2024, 2025 et 2026, aucune mesure de revalorisation pour les enseignants n’a été prise aussi bien du point de vue indiciaire qu’indemnitaire.

grille salaires

Oser titrer que la revalorisation indemnitaire soutient la dynamique du salaire net est tout simplement méprisant.

De quoi parle-t-on ?

Les hausses du point d’indice des fonctionnaires en juillet 2022 de 3,5 % et de 1,5 % en juillet 2023 sont survenues après plus de 5 années de gel dans une période de forte inflation (+4,9 % en 2023 après +5,2 % en 2022). Le Président Macron est le premier président de la République à ne pas avoir augmenté le point d’indice des fonctionnaires durant un quinquennat (son premier !). Oui, il y a eu pour tout.es les enseignant.es une augmentation de moins de 100 € net par mois via une indemnité pour le suivi des élèves en 2023. Mais c’est tout !

La mesure du pouvoir d’achat ne peut s‘établir en intégrant des activités supplémentaires rémunérées par des indemnités comme les heures supplémentaires. La revalorisation doit être un sujet en soi ; vouloir la lier, comme le pense le ministre à une évolution du métier synonyme d’accroissement du temps et de la charge de travail est inacceptable. Cela génère en outre du surtravail et de la souffrance au travail qui contribuent à la perte d’attractivité des métiers de l’éducation. Ce sont des éléments importants de discrimination salariale dont sont victimes les femmes d’ailleurs étonnamment absentes des données statistiques du ministère. Sont aussi absents des statistiques les contractuels, AED et AESH.

La mesure du pouvoir d’achat ne peut pas non plus s‘établir sans considérer la pyramide des âges : la hausse des rémunérations résulte pour une part essentielle du « glissement vieillesse technicité », le « GVT », hausse mécanique des traitement liée au vieillissement de la population enseignante. Celui-ci s’amplifie du fait de recrutements de nouveaux enseignants peu nombreux et du report de l’âge de départ en retraite. Cela entraîne mécaniquement une hausse de la rémunération nette moyenne, à politique salariale constante de la part du ministère : 12 % des professeur·es du second degré et 14 % des professeurs des écoles sont à la classe exceptionnelle (et respectivement 32 % et 22,8 % à la hors-classe, dont près de 30 000 enseignant·es, dont une majorité de femmes, sont bloqué·es au dernier échelon de la hors-classe). Cela annonce en outre un problème massif de renouvellement des générations d’enseignant·es dans les années à venir.

Exigence d’une loi de programmation de recrutements et de revalorisation …

Nos emplois publics correspondent à des besoins essentiels y compris pour assurer une croissance économique durable, ne serait-ce qu’au travers du rôle de la formation, de la recherche ou bien encore du système de santé. La politique salariale dynamique qu’exige la FSU doit passer par le rattrapage d’au moins 20 % de la valeur du point d’indice mais aussi par une loi de programmation ambitieuse sur la revalorisation de nos métiers, actant année après année les sommes en jeu, détaillant les mesures attribuées à chaque corps afin de garantir leur effectivité.

Le sentiment de dévalorisation de l’image de la profession, de décrochage des rémunérations au regard de la qualification est unanime. On connaissait l’écart de rémunération entre les cadres du privé et ceux de la fonction publique. Les dernières données disponibles montrent qu’il s’explique essentiellement par la faiblesse des rémunérations des personnels d’enseignement, d’éducation et de psychologue du ministère de l’Éducation nationale, majoritaires dans la Fonction Publique de l’État

https://fsu.fr/29-septembre-mobilisons-nous-pour-imposer-dautres-choix/

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