Depuis près de dix ans, les gouvernements successifs organisent une perte continue de valeur des rémunérations dans la fonction publique. Ce n’est pas un accident, c’est une orientation politique. L’inflation dans ce contexte est en réalité une circonstance aggravante.
La poursuite de cette politique apparaît pour ce qu’elle est : un scandale social, qui frappe celles, car ce sont majoritairement des femmes, et ceux qui ont fait du service de l’intérêt général, leur métier. Qui aura aussi des conséquences à terme sur le montant de leurs pensions. C’est aussi une absurdité politique de maltraiter ainsi celles et ceux qui sont chargés de mettre en œuvre les politiques publiques.
Depuis 2017 les politiques menées par les gouvernements successifs en matière de rémunération des personnels obéissent à la même logique : dévaloriser la rémunération principale, c’est-à-dire la carrière ! Cette même carrière qui n’a pas vocation à compenser l’inflation mais à rémunérer le métier, l’expérience professionnelle, l’engagement quotidien…
Année après année, le gouvernement s’est acharné à geler la valeur du point d’indice sauf quand les bonds spectaculaires de l’inflation l’obligeaient à amortir ses effets. Prises à contre-cœur, ces augmentations n’ont jamais compensé plus du tiers des effets de l’inflation sur, les factures, le loyer, les études des enfants, la vie quotidienne…
Entre 2017 et 2022, pour la première fois, un quinquennat entier s’est écoulé sans augmentation du point d’indice. Quand le gouvernement y consent enfin, en juillet 2022, il augmente de 3,5% alors que l’inflation est à 6%. Les gouvernements successifs ont ensuite imposé de fait une sorte de règle tacite : le point d’indice reste gelé tant qu’il n’y a pas de pic d’inflation. Résultat les salaires ont décroché, et la reconnaissance de la carrière est inexistante pour de très nombreux agent.es, et insuffisante pour toutes et tous.
Mais en 2026, malgré le pic d’inflation et la hausse du SMIC, toujours aucune perspective d’augmentation du point d’indice. Tout cela aggrave fortement la crise de recrutement au moment où nous sommes face à des départs en retraite massifs. Aujourd’hui le départ des agent.es en poste n’est plus un tabou tant ils sont écœurés par leurs conditions de travail et leur rémunération. Aujourd’hui la progression salariale est supérieure dans le privé que dans le public. Les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes perdurent, faute d’une véritable revalorisation des métiers féminisés et parce que le développement des politiques indemnitaires pénalise toujours davantage les femmes. Ce n’est pas un rendez-vous manqué, c’est un saccage organisé du service public !
La population aspire pourtant à des services publics plus présents sur toust le territoire et plus efficaces. Exactement comme les agents de la fonction publique eux-mêmes. Face au changement climatique et aux crises qu’il provoque, aux tensions sociales engendrées par les inégalités croissantes, à la vitesse des évolutions technologiques, notre pays a besoin de services publics forts, pour l’éducation, la protection de la population sur tout le territoire, des plus jeunes aux plus vieux, et notamment des plus démunis. Il faut donc conforter les agents, reconnaître leur expertise et leur engagement. C’est bien simple, il faut les payer à la hauteur de leur rôle social.
Pour la FSU il faut immédiatement augmenter de 10 % la valeur du point d’indice, et attribuer uniformément au moins 15 points dans les grilles pour les sortir de la zone du SMIC, engager des perspectives de revalorisation des carrières à moyen terme, et s’engager vers l’exemplarité des employeurs publics en matière d’égalité salariale.
Pour la FSU, revaloriser les rémunérations n’est pas une dépense supplémentaire : c’est un investissement dans l’intérêt général. Une société qui veut des services publics solides doit reconnaître celles et ceux qui les font vivre. Il ne peut y avoir des services publics forts sans agents reconnus, respectés et justement rémunérés : c’est bien d’un choix politique qu’il s’agit, il peut et doit être fait dès maintenant ainsi que pour l’année 2027.
