Lors du lancement d’un plan de formation des personnels de son ministère à la laïcité le 19 octobre, Jean-Michel Blanquer a estimé que les enseignants devaient « adhérer aux valeurs de la République et les transmettre ou sinon sortir de ce métier ». Dans un discours tout en insinuations, suspicions de non-conformité et menaces de sanctions contre les récalcitrants, il choisit ainsi sciemment d’instrumentaliser la laïcité.

Propos emblématiques d’une volonté de fragmenter, de diviser : le Ministre préfère s’inventer des « ennemis de l’intérieur » qu’il faudrait « sortir » plutôt que s’appuyer sur l’expression pourtant unanime des besoins de formation. La division plutôt que la concorde. Cette stratégie est tout simplement irresponsable.

 

Propos qui relèvent aussi de la diversion, pour masquer les échecs de sa politique éducative. Payer des personnels, en particulier les AESH, en dessous du seuil de pauvreté, affaiblir le service public en supprimant des milliers de postes, saccager la formation de celles et ceux dont la mission est de former des citoyennes et citoyens libres et éclairés, est-ce digne des valeurs de la République ?

 

C’est bien en reconnaissant aux fonctionnaires leur qualité de citoyen qu’on leur permet de faire vivre et de transmettre les valeurs de la République. C’est aussi en leur assurant une formation sérieuse, riche et diverse qu’ils et elles s’approprieront les principes essentiels. Plus généralement, la FSU préfère travailler à ce qui rassemble et ce qui fait avancer la société, sans aucun déni des réalités, mais avec la ferme conviction que c’est en assurant un bon fonctionnement des services publics et les conditions de la justice sociale et de l’égalité réelles des droits que l’on construit du commun.