Monsieur le ministre,

Depuis quelques années, plusieurs ministres sont passés, mais les représentants des personnels pour la plupart sont restés, vous connaissez notre pugnacité, mais connaissez-vous notre mémoire ?

  • A l’automne 2017, la décision est prise par le gouvernement de décaler le calendrier d’application des mesures de revalorisation des grilles indiciaires prévu par le protocole PPCR d’un an ;
  • Dès 2018, il reprend à son compte la politique de gel de la valeur du point d’indice qui devient alors un dogme…
  • 1er janvier 2018 : retour d’un jour de carence dans la fonction publique en cas de maladie.
  • 2019 : l’inflation sur 2018 est désormais établie à 1,9 %, mais… rien en matière salariale… A la place, la loi de transformation de la fonction publique qui s’en prend brutalement aux  conditions de travail, d’organisation des services, à la démocratie sociale…
  • 2020 : L’inflation sur 2019 est établie à 1,1 % , rien
  • ou plutôt c’est la crise sanitaire… Les agent⋅es publics sont salués, les soignant⋅es en première ligne, puis tous les autres qui organisent pour les usager⋅es, la continuité de l’accès à leurs droits, la continuité du service public… Pour solde de tout compte ? Une prime exceptionnelle, pas pour tout le monde, dont le versement est laissé à l’arbitraire des hiérarchies locales,
  • 2021 : L’inflation sur 2020 est de 0,5 %, le point d’indice est toujours gelé …  Au premier octobre, la hausse du SMIC oblige à remonter le minimum FP de l’indice majoré 309 à l’IM 340. C’est le début d’une politique de relèvement régulier du minimum FP qui va produire des effets de tassement des carrières faute de distribution uniforme de points additionnels sur l’ensemble de la grille indiciaire.  9 décembre le gouvernement annonce que le point d’indice restera gelé jusqu’à la fin du quinquennat…
  • 2022 : l’inflation sur 2021 est établie à 1,6 %, ; au 1er janvier 2022, l’indice minimum est fixé à l’IM 343, et il est de nouveau augmenté à l’IM 352 au 1er mai ; la crise inflationniste contraint à une mesure de dégel de la valeur du point à 3,5 % au 1er juillet 2022
  • 2023 : l’inflation sur 2022 est établie à 5,2 % ; au 1er janvier 2023, le minimum FP est porté à l’IM 353. Au 1er mai 2023, le minimum FP est augmenté à l’IM 361. Le point d’indice n’est augmenté que de 1,5 % au 1er juillet, provoquant des réactions négatives d’une partie du gouvernement. Une prime exceptionnelle de pouvoir d’achat est versée de manière dégressive. Elle produit des pertes de prestations sociales massives pour les collègues les moins bien rémunérés.
  • 2024 : l’inflation sur 2023 est établie à 4,9 % ; seulement 5 points additionnels sur l’ensemble de la grille sont appliqués au 1er janvier  ; le minimum FP est augmenté à l’IM 366 à cette même date.
  • 2025 : l’inflation sur 2024 est établie à 2 %… Suspension sine die du versement de la GIPA… Elle aurait révélé l’ampleur du décrochage : autant paupériser encore plus… tant qu’à faire… … Et tant pis pour les malades : amputation de 10 % de la rémunération en congé de maladie…

Régulièrement, il a fallu toiletter les carrières en C et B pour relever les échelons passés sous le SMIC… Résultat : un tassement majeur (avec des progressions indiciaires de 1 point par échelons pour des débuts de carrières qui s’éternisent…

  • 2026 : l’inflation sur 2025 est établie à 0,9 % et elle repart fort au premier trimestre 2026…L’indemnité différentielle est déclenchée au 1er janvier pour compenser le fait que certains échelons sont en dessous du SMIC… Si le SMIC augmentait de 2 % en juillet, il dépasserait la rémunération de 10 échelons sur 11 dans le 1er grade du C, 5 sur 13 dans le 1er grade du B. La catégorie A elle-même serait atteinte au travers du corps le moins bien rémunéré.

Certes, il y a eu des mesures catégorielles qui ont amorti les effets de cette politique pour certains corps, mais Comment pourrions nous conclure à autre chose qu’à une politique volontaire de dévalorisation salariale de la fonction publique ? Comment nier qu’elle aggrave les inégalités entre les femmes et les hommes au sein de la société ? Comment nier que cette politique  hypothèque aujourd’hui l’avenir  des services publics du fait de la crise d’attractivité ? Et que les agent.es faute de reconnaissance et lassés des attaques indignes contre leurs droits, par exemple sur les autorisations spéciales d’absence, sont en train de perdre confiance dans le pacte républicain ?

Il n’est pas trop tard pour changer complètement de pied, pour décider de s’appuyer sur la fonction publique et les services publics pour répondre aux défis qui sont devant nous en termes de cohésion sociale et d’environnement.

Nous souhaitons que les discussions qui s’ouvrent aujourd’hui conduisent à des décisions urgentes, avant 2017 , – intégrant à tous les niveaux la nécessité d’en finir avec les inégalités salariales entre les femmes et les hommes, en matière de dégel du point d’indice, première étape d’un plan pluriannuel, aboutissant à l’attribution uniforme de 80 points (soit + 400 € mensuels) sur l’ensemble de la grille indiciaire combinée à une revalorisation d’au moins 20 % de la valeur du point d’indice et d’indexer immédiatement celle-ci sur l’indice des prix à la consommation.

Nous demandons aussi que cessent les mesures vexatoires en directions des agent qui n’ont rien fait pour qu’on les traite ainsi : ASA, TPT, CMO… tout comme les attaques contre les symboles des conquêtes du monde du travail comme la PPL sur le 1er mai et nous demandons solennellement que la CMP ne soit pas convoquée.