Mineur.es isolé.es Pour une protection de l’enfance, immédiate, pleine et entière
La mission bipartite (composée de ministères et de départements), nommée par le Premier ministre, a rendu son rapport sur la réforme du dispositif d'évaluation et d'accueil provisoire d'urgence des mineur.es isolé.es étranger.es. Loin des considérations de protection de l'enfance, ce rapport confirme la vision purement budgétaire et technocratique qui semble animer les pouvoirs publics, n'utilisant même jamais le terme « enfant » lui préférant celui de « flux ». Tout en décrivant deux scénarios possibles, ce rapport semble privilégier le transfert de compétences des missions d'évaluation et d'hébergement d'urgence des départements vers l'État, ce qui aboutirait à un régime discriminatoire à l'égard des jeunes exilé.es. Nous nous opposons à ce transfert de compétences, les mineur.es isolé.es devant relever de la protection de l'enfance et être considéré.es avant tout comme des enfants et non comme des étranger.es. Les dysfonctionnements actuels proviennent essentiellement d'un manque de moyens financiers et humains criant, avec pour conséquence des évaluations empreintes de suspicion, des mises à la rue brutales et/ou des conditions de prise en charge indignes. Par ailleurs, sont prévues un certain nombre de préconisations communes aux deux scénarios particulièrement inquiétantes qui nous alertent sur les objectifs réels de cette réforme. Ainsi, la notion « d'accueil provisoire d'urgence » semble disparaître au bénéfice d'une simple « mise à l'abri ». La création d'un circuit court pour les jeunes manifestement mineur.es ou majeur.es interroge : qui va décider de « l'âge manifeste », sur quels critères objectifs et fiables et quel recours sera effectivement prévu
Lire la suite



