Christophe Robert, directeur général de la Fondation Abbé Pierre,
La Fondation Abbé Pierre a remis au Président de la République son 22e rapport sur "l'état du mallogement en France". Où en sommes-nous aujourd'hui ? On recense déjà 4 millions de mallogés avec des indicateurs préoccupants. Par exemple, le nombre des « sans domicile fixe » a augmenté de 50 % en 10 ans (enquêtes Insee 2001 et 2012) et celui des expulsions locatives s'est accru de 24 % l'année dernière. Mais on compte aussi 12 millions de personnes fragilisées par la crise du logement. Ces personnes paient trop cher pour se loger, ce qui restreint leur pouvoir d'achat pour les autres dépenses au quotidien, ou elles vivent dans un logement de mauvaise qualité. Depuis une quinzaine d'années, on a vu se précariser les ressources des ménages, y compris de ceux qui ont un emploi (CDD, temps partiel subi…) alors qu'ils font face à des coûts du logement (loyer, charges…) qui ont augmenté sensiblement depuis 2000. Même s'il y a une accalmie depuis deux ans, on a atteint des niveaux très hauts et la situation reste très tendue. Quel bilan faites-vous du quinquennat qui s'achève ? On parle d'un bilan en « demiteinte » car on ne peut pas dire que rien n'a été fait mais ce qui a été entrepris n'a pas permis de réduire significativement, durablement la crise du logement, le noyau dur du mal-logement. Tout n'est pas à mettre sur le dos de la politique du logement car il y a aussi les effets de la crise
Lire la suite



