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La FSU a organisé le 7 novembre 2009 à Paris (Universté Paris 1 Panthéon Sorbonne) des assises pour « Défendre et transformer la formation des enseignants ».

La formation des enseignants est aujourd’hui un enjeu de société important. Elle doit être un levier pour relever le défi de la réussite de tous. Face à la réforme qui s’installe, la FSU continue de faire des propositions et a invité à en débattre lors de ses assises.

Vous trouverez ici l’appel lu à l’issue des travaux ainsi que les contributions et interventions faites lors de cette journée.

Enseigner : un métier qui s’apprend

Pour tous les jeunes, défendre
et transformer la formation des enseignants

Notre conception du système éducatif, notre volonté d’aller vers une École réellement démocratique qui assure la réussite de tous les jeunes, qui lutte contre l’échec scolaire et cherche à faire que les inégalités sociales ne se transforment pas en inégalités scolaires, nous amènent à lancer cet appel pour défendre et transformer la formation des enseignants. Nous estimons que l’élévation du niveau de formation et de qualification de tous et leur reconnaissance est un impératif démocratique. Un plus grand nombre d’étudiants issus des milieux modestes doit pouvoir accéder dans de bonnes conditions à un haut niveau d’études supérieures.

La réforme qui se met en place contre l’avis de tous les acteurs concernés, débouchera à terme sur une ségrégation sociale plus grande et une dégradation de la formation. La suppression massive d’emplois, les dégradations de la formation, la disparition programmée des IUFM, la remise en cause du temps de formation pendant l’année de fonctionnaire stagiaire marquent l’abandon de toute ambition pour démocratiser le système éducatif. À quelques jours d’annonces dont tout laisse présager qu’elles seront néfastes pour les élèves, les étudiants, les formateurs, la Fsu demande à nouveau l’abandon de cette réforme ainsi que le retrait des textes d’application déjà publiés au profit d’une toute autre réforme.

Une vraie réforme de la formation doit permettre une réelle élévation de la qualification de tous les personnels d’enseignement et d’éducation, articulant exigences scientifiques et professionnalisation, intégrant dimensions disciplinaire, didactique et professionnelle. Nous appelons à construire une formation progressive et intégrée qui commence dès la licence, intègre le master et l’année de fonctionnaire stagiaire. La formation continue doit s’appuyer sur cette formation initiale et être garantie à tous dans toute la carrière.

Mieux former les enseignants exige de développer le lien enseignement recherche à tous les niveaux et dans tous les domaines de la formation. Nous exigeons en particulier des créations d’emplois d’enseignants chercheurs ou de chercheurs, ainsi que des moyens financiers pour que Université et leurs IUFM,,les organismes de recherche et INRP développent des thématiques trop souvent tenues à l’écart en France notamment l’histoire des disciplines, épistémologie, didactique, analyse de pratiques …

Nous affirmons la nécessité de conserver et développer une structure de formation spécifique aux enseignants au sein de l’Université. Les IUFM doivent être rénovés et s’appuyer sur des coopérations avec les différentes composantes d’une université et entre établissements. L’Etat doit assurer un cadrage national de la formation et l’équité sur le territoire national. La formation suppose des approches plurielles ; les équipes pluri-catégorielles de formateurs IUFM comprenant aussi des enseignants en service partagé ou des maîtres formateurs, ne doivent pas être démantelées mais au contraire élargies.

Nous sommes attachés au recrutement des enseignants par concours, ce qui garantit une équité sur le territoire, et au statut de fonctionnaires de l’État, leur permettant d’assurer sereinement leurs missions.

Nous l’affirmons, réformer la formation et le recrutement des enseignants relève d’un choix de société. Ce sont deux leviers essentiels pour transformer l’école en profondeur et revaloriser les métiers de l’enseignement et de l’éducation.

Nous appelons dans l’urgence les ministres à ouvrir des négociations en vue :

 de mettre en place un système d’allocations d’études et de pré-recrutement

 d’assurer une carte des formations qui permette la préparation de tous les concours

 d’élaborer un cadrage national qui articule la mise en place de masters de qualité et une préparation aux concours de recrutement

 de conforter le rôle des IUFM et de leur potentiel de formation pour la formation initiale et la formation continuée

 de mettre en place une année de fonctionnaire stagiaire qui comporte 60% du temps de service accordé à la formation professionnelle.

 d’établir un plan pluriannuel de recrutement et de résorption de la précarité.

Contributions et interventions :