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DOSSIER POUR 256 : INTRODUCTION – L’école face au « choc » du tri social

2025-07-23T00:05:59+02:0030 avril 2024|Catégories : Education / recherche / formation / emploi, Le système éducatif, Publications|

Dossier réalisé par : Sandrine Charrier, Matthieu Leiritz, Arnaud Malaisé, Hervé Moreau, Marie-Rose Rodrigues-Martins, Alain Senée, Valérie Soumaille En lançant son « choc des savoirs » le gouvernement continue le projet d’école dessiné en 2017 et décuple les inégalités scolaires socialement déterminées. Le « choc des savoirs » entend bien parachever l’école dessinée depuis 2017 par Jean-Michel Blanquer en décuplant les inégalités scolaires socialement déterminées et en mettant sous tutelle les personnels. Son application signerait la fin du caractère universel du service public d’éducation. Au-delà de la mesure phare exacerbant le tri social via la mise en place de groupes en niveau au collège, l’ensemble de ses mesures forme un tout cohérent visant à stopper toute perspective de démocratisation de l'élévation du niveau de qualification comme d’acquisition de culture commune. Cette logique de tri, déjà présente avec Parcoursup pour l’accès aux études supérieures, viendrait s’inviter non seulement à la fin du collège avec le couperet du brevet et à la fin du primaire lors de la composition des groupes de niveau mais également tout au long de la scolarité. Dès la maternelle, loin d’un quelconque « choc », les savoirs enseignés seraient appauvris, mécanisés et rythmés par des évaluations standardisées. Ces dernières détermineraient, en plus du niveau du groupe fréquenté par la suite au collège, les aides à apporter aux élèves sur les seules matières « fondamentales », en dehors de la classe et dans une logique accrue d’individualisation des réponses aux difficultés, entre redoublement et stage de remise à niveau. Les ravages du « teach to test » dans les systèmes
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Dossier POUR n°256 : 6. ENTRETIEN – Philippe Meirieu

2024-04-30T13:05:34+02:0030 avril 2024|Catégories : Education / recherche / formation / emploi, Le système éducatif, Non classé, Publications|

L’école face au « choc » du tri social (POUR n°256) « Une grave remise en cause de l’évolution profonde de notre système scolaire vers plus de démocratisation » Philippe Meirieu est professeur honoraire en sciences de l’éducation, auteur de Qui veut encore des professeurs ? paru en 2023 au Seuil Comment jugez-vous ce qui est en train de se passer aujourd’hui avec le « choc des savoirs » ? Je suis choqué car ces mesures, prises au nom du « bon sens », sans aucune véritable concertation avec les organisations professionnelles ni réflexion sérieuse à partir des résultats de la recherche, remettent gravement en cause l’évolution profonde et sur le long terme de notre système scolaire vers plus de démocratisation... une évolution engagée après la Première Guerre mondiale, poursuivie par Jean Zay, incarnée par le plan Langevin-Wallon et que la Réforme Haby en 1975 avait tenté de poursuivre. Évolution stoppée brutalement par la remise en cause du « collège unique », une décision qui semble relever d’un caprice ministériel mais qui s’inscrit, en réalité, dans une logique politicienne que Xavier Pons nomme le « populisme éducatif ». On prétend « restaurer l’autorité » et « relever le niveau » en ne brandissant que la sanction, la sélection et l’exclusion. On se revendique de « l’obligation de résultat » pour s’exonérer de la véritable obligation de la République qui est « l’obligation de moyens ». On transforme les objectifs de l’école en préalables à la réussite scolaire de telle manière que seuls les élèves déjà bien préparés et parfaitement motivés puissent tirer leur épingle du jeu...
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Dossier POUR n°256 : 5. Les effets néfastes du « teach to test »

2024-04-30T13:04:30+02:0030 avril 2024|Catégories : Education / recherche / formation / emploi, Le système éducatif, Non classé, Publications|

L’école face au « choc » du tri social (POUR n°256) Les évaluations standardisées poussent à transformer les enseignements jusqu’à ne travailler que les compétences concernées : c’est la définition du « Teach for test ». Elles se sont imposées dans les années 1960 et 1970 au Royaume-Uni, en Irlande, en Suède et aux États-Unis où elles ont explosé dans les années 2000. Depuis la loi No Child Left Behind adoptée en 2001 sous la présidence Bush, les élèves des écoles publiques américaines passent, entre 8 et 17 ans, des tests annuels de lecture et de mathématiques. L’objectif avancé est celui de la transparence et du soutien des élèves issus de milieux défavorisés et à besoins éducatifs particuliers pour garantir l’égal accès de toutes et tous à une éducation de qualité. Le programme fédéral Race to the top, présenté par le Président Obama en 2009, lie les financements fédéraux reçus par les États, les rémunérations des enseignant·es et la pérennité des écoles et établissements scolaires aux résultats des élèves aux tests. Il prévoit ainsi que les établissements scolaires les moins performants fassent l’objet d’une restructuration, allant du changement de l’équipe pédagogique et de sa direction jusqu’à la fermeture complète de l’établissement. Une vaste enquête menée en 2022 auprès des 3,2 millions membres de la National Education Association (première organisation syndicale des États-Unis) montre que près de 90 % souhaitent que soit abandonnée la dépendance aux évaluations standardisées. Celles-ci entraînent en effet l’érosion de l’autonomie et de la capacité à stimuler l’apprentissage des élèves et
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Dossier POUR n°256 : 4. Pilotage par les évaluations

2024-04-30T13:03:31+02:0030 avril 2024|Catégories : Education / recherche / formation / emploi, Le système éducatif, Non classé, Publications|

L’école face au « choc » du tri social (POUR n°256) Par une mise au pas des élèves comme des enseignant·es, le gouvernement s’engage dans une standardisation profonde de l’École. Méthodes imposées et pilotage par les évaluations deviennent des outils pour imposer un nouveau modèle d’enseignement qui renonce au « toutes et tous capables ». Le « choc des savoirs » prévoit en effet une généralisation des évaluations standardisées du CP à la Seconde. Le pilotage « pédagogique » devant accompagner cette généralisation relèvera d’un conseil académique des savoirs fondamentaux (CASF) tout juste créé. Sa mission : piloter la priorité donnée aux « fondamentaux » en se fondant sur l’analyse des résultats aux évaluations nationales et préconiser outils supports et démarches et de pratiques « efficaces ». Pour diffuser ces « bonnes pratiques » et améliorer les résultats, le CASF s’appuie sur les visites des Inspecteurs ou Inspectrices de l’Éducation nationale (IEN) et des Inspecteurs ou Inspectrices pédagogiques de région (IPR) dans les classes. Ainsi les IEN sont invités à définir leur action en exigeant des adaptations aux résultats et les enseignant·es à utiliser les guides ministériels. Loin d’être au service des apprentissages, cette évaluation imposée des élèves est l’outil d’un pilotage qui dépossède les acteurs et actrices de terrain de leur pouvoir d’agir. Si l’activité d’évaluation est importante pour savoir où en sont les élèves pour les aider dans leurs apprentissages, la multiplication des évaluations normatives comme moyen de pilotage du système éducatif ne poursuit pas cet objectif mais bien celui d’un contrôle des pratiques enseignantes et du tri des élèves.
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DOSSIER POUR n°256 : 1. Des groupes de niveau inefficaces et ségrégants

2024-04-30T12:59:28+02:0030 avril 2024|Catégories : Education / recherche / formation / emploi|

L’école face au « choc » du tri social (POUR n°256) Des groupes de niveau inefficaces et ségrégants Après l’éclatement du groupe classe au lycée, la réforme « choc des savoirs » au collège prend la même direction en généralisant les groupes de niveau en mathématiques et en français en Sixième et Cinquième dès la rentrée 2024, puis en Quatrième et Troisième dès celle de 2025. Les textes officiels, parus en mars, précisent que les élèves seront répartis en fonction de « leurs compétences ». Ces groupes de niveau (pas nécessairement allégés) seront donc la norme, et l’enseignement en classe entière l’exception, dix semaines au maximum durant l’année. Pouvant aller jusqu’à plus de 30 élèves, ils sont censés être flexibles, mais dans la réalité ils ne le seront pas. Les chef·fes d’établissement pourraient se retrouver sous la pression des parents et devoir justifier la composition des groupes de niveau, a priori via l’instauration d’épreuves communes impliquant la nécessité de progressions communes. Or, alors qu’ils sont présentés comme une réponse aux inégalités scolaires structurelles, les études en sciences de l’éducation pointent une absence d’effets, voire un effet négatif des groupes de niveau pérennes, et ce pour l’ensemble des élèves. Quant aux groupes flexibles, dit de besoins, ces mêmes études montrent un effet positif mais inférieur à celui de petits groupes hétérogènes engagés dans un travail coopératif. De son côté, le Centre national d’étude des systèmes scolaires (CNESCO) pointait dans son rapport de 2016 qu’au sein des groupes de niveau, flexibles ou pas, « les objectifs seraient
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Pour un choc des moyens et des salaires, contre le choc des savoirs et le tri social, amplifions la mobilisation

2025-10-24T23:54:40+02:0026 avril 2024|Catégories : Appels & Pétitions, Education / recherche / formation / emploi, Le système éducatif|Mots-clés : |

Depuis le mois de janvier, les personnels de l’Éducation se mobilisent pour obtenir les moyens nécessaires à la réussite de leurs élèves, pour leur salaire et contre le « choc des savoirs ». Le « choc des savoirs » est un renoncement à toute ambition émancipatrice de l’École et instaure une ségrégation assumée entre les élèves en difficulté et les autres ainsi qu’une discrimination sociale. L’organisation des enseignements de français et de mathématiques en groupes de niveaux en collège est une véritable usine à gaz, néfaste pour les élèves, particulièrement pour les plus fragiles et qui va dégrader les services des personnels. Les nouveaux programmes, la labellisation des manuels et la généralisation à tous les cycles des évaluations nationales vont restreindre la liberté pédagogique et remettre en cause la professionnalité des enseignant·es ; le DNB couperet et les « prépa secondes » vont aggraver le tri social. La réforme de la voie professionnelle est dans la droite ligne de la logique de libéralisation du marché du travail, en réduisant les offres de formation des jeunes, quels que soient leurs vœux, aux besoins du bassin d’emploi et en imposant un parcours différencié réduisant le temps à l’École. C’est un renforcement du tri social des élèves en les assignant à leur classe et à leur lieu de vie. C’est de nouveau un plan « social » qui se dessine chez les PLP avec la fermeture des formations considérées comme non insérantes. Les conditions de travail des personnels se dégradent et les travailleurs·euses
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Un enjeu de civilisation

2024-04-24T11:20:41+02:0024 avril 2024|Catégories : Tribunes|

Des actes de violence commis à l’école ou autour de l’école ont fait la une, les prénoms de Samara, de Shemseddine, d’autres encore, ont été un temps les signifiants de ces événements dramatiques, on pourrait y ajouter la violence subie par les agent·es hospitalier·es aux urgences, celle subie par des agent·es au contact de la population. Y a-t-il un basculement, un développement inéluctable de «l’extrême violence », en particulier dans la jeunesse ? Se superpose à cette problématique celle des pressions mises sur l’institution scolaire en matière de respect de la laïcité, en particulier les menaces de mort contre un proviseur entraînant sa démission. Face à ces questions, deux écueils au moins existent : le premier revient à banaliser ou minimiser jusqu’à nier la nécessité de sanctions des auteurs et de protection voire de réparation pour les victimes et de renforcement de l’éducation. Au-delà de la nécessaire émotion et de la solidarité à manifester avec tous les personnels, usager·es et élèves que la République doit protéger mieux qu'elle ne le fait, la FSU agit et agira inlassablement pour que les conditions de sécurité soient assurées, par l’articulation de mesures de court et de long termes, de sanctions, de prévention et d’éducation. Le second écueil consiste à adopter une posture martiale qui se donne l’illusion de l’efficacité sans effet sur le réel, la dernière mesure en date de cet ordre étant la création de conseils de discipline à l’école primaire dont tout le monde sait que cela ne répondra à aucun
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Non au « Choc des savoirs », oui au choc des moyens et des salaires – Toujours à l’offensive au 3eme trimestre !

2025-10-24T23:54:40+02:0022 avril 2024|Catégories : Communiqués, Education / recherche / formation / emploi, Le système éducatif|Mots-clés : |

Depuis le mois de janvier, les personnels, à l’appel de nos organisations syndicales, sont mobilisés contre le « Choc des savoirs ». Cet ensemble de mesures, du premier degré au second degré, dessine les contours d’un modèle d’École passéiste et conservateur. Il vise à généraliser le tri des élèves dès le plus jeune âge, notamment par les groupes de niveaux, mais aussi en conditionnant l’accès direct au lycée par la mise en place de classes prépa-seconde en LGT ou LP et en faisant du DNB une barrière à l’entrée au lycée. Ces mesures détériorent aussi nos métiers en remettant en cause notre liberté pédagogique. Elles vont désorganiser nombre d’enseignements par la mise en place de barrettes dans un contexte de dégradation des conditions de travail. Elles dépossèdent les enseignant·es de leur expertise professionnelle notamment par la mise en place de manuels labellisés répondant à un modèle pédagogique unique issu du Conseil scientifique de l’Éducation nationale mais également par l’imposition d’évaluations nationales standardisées à tous les niveaux . Alors que les conditions de travail sont déjà dégradées, elles vont provoquer toujours plus de souffrance au travail. De plus, en supprimant les postes, en refusant de donner les moyens nécessaires pour fonctionner, en refusant les revalorisations indiciaires pour les personnels et en annonçant près de 700 millions d’euros de coupes budgétaires, le gouvernement fait le choix de l’austérité. Nous portons une toute autre ambition pour la jeunesse !

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